Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Déclaration au sujet du dépôt du rapport d'enquête administrative dans le dossier du 79, rue Fraser

Voici le texte intégrale de la déclaration faite plus tôt aujourd'hui. Seul le texte lu fait foi. 

 

Mesdames et messieurs, bonjour

Commander une enquête administrative n’est pas une décision facile à prendre, encore moins demander l’accompagnement d’un service, c’est du jamais vu à Gatineau. À la lecture du rapport, il est évident que ces actions étaient nécessaires.

 

Je suis satisfait du sérieux avec lequel cette enquête a été effectuée par M. Tremblay, et aussi de la façon dont la direction générale a reçu et traité le rapport d’enquête en soumettant au conseil des recommandations qui vont bien au-delà de mesures disciplinaires nécessaires.

 

En effet, s’il est important de prendre des mesures par rapport à des gestes qui ont ou qui n’ont pas été posés, la priorité est de nous attaquer au problème de fond auquel nous sommes confrontés.  

 

En lisant le rapport d’enquête, on comprend notamment que les changements qui sont en cours depuis le 3 novembre dernier sont nécessaires et que les décisions administratives qui ont été prises à l’origine dans le dossier Fraser reposent sur d’anciennes pratiques et représentent ce qui doit changer dans notre ville. Si les citoyens de Gatineau ont fait le choix d’élire un nouveau maire et douze nouveaux conseillers municipaux, c’est parce qu’ils souhaitent des changements fondamentaux dans les façons de faire. 

 

Depuis novembre dernier, les élus se sont donné un programme commun, des orientations claires et ils ont maintes fois démontré leur désir d’assumer leur rôle de décideurs. D’ailleurs, une de leur première décision aura été d’embaucher une directrice générale dont une des tâches principales est de ramener encore plus de rigueur dans la gestion municipale.   

 

Le rapport souligne deux enjeux particuliers que je tiens à relever.

 

D’abord, le rapport confirme que les citoyens n’ont pas été respectés. Des citoyens se sont plaints et n’ont été ni pris au sérieux, ni parfois même écoutés.

Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement, respecter le citoyen ?

 

Cela veut dire d’abord l’écouter avec sérieux. C’est grâce à quatre citoyens et à un élu que l’erreur de Fraser a été découverte. 

 

Cela veut dire écouter le citoyen, mais également lui fournir une réponse… et pas 100 jours après sa demande. 

 

Est-ce que ça veut dire que chaque citoyen qui cogne à la porte de la ville doit être traité en roi et maître? Non. Cela veut dire qu’il doit être écouté et qu’on doit lui répondre. Si la réponse administrative ne lui convient pas, on doit lui expliquer ses recours, ils sont nombreux. Un de ses recours est politique.

 

C’est le deuxième enjeu. Le rapport confirme que les élus, les instances démocratiques en particulier, n’ont pas été respectés.

 

Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement, respecter les élus ?

 

D’abord les élus sont en droit de recevoir une information complète et de qualité, et le plus rapidement possible quant aux décisions administratives qui sont prises. 

 

De plus, on ne doit jamais présumer de leurs décisions. Les instances comme le CCU ou le conseil doivent pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause quand il n’est pas trop tard pour agir. 

 

Mais le respect de l’élu par le fonctionnaire doit être réciproque.

 

Une façon de démontrer notre respect pour notre équipe administrative c’est de lui donner des orientations claires. C’est de préciser nos attentes. C’est ce que nous faisons depuis novembre. Pour un élu, démontrer du respect, c’est aussi, quand un citoyen fait appel à nous non pas de nous cacher derrière une décision administrative, non pas de nous cacher derrière nos fonctionnaires, mais de défendre la pertinence du règlement ou encore de proposer de le changer. Notre équipe administrative a longtemps été laissée à elle-même.

Depuis le 3 novembre dernier, nous avons des élus qui affirment leur volonté de jouer leur rôle, qui prennent leurs responsabilités. C’est ce que nous faisons encore aujourd’hui dans un dossier difficile.

 

Je tiens à souligner le rôle joué par l’ancien conseiller André Laframboise, qui avait pris la situation au sérieux dès le début et qui a fait les représentations nécessaires.

 

Permettez-moi de m'adresser directement à nos employés. Aujourd’hui, nous prenons des mesures rares. Elles s’inscrivent dans notre volonté d’amener encore plus de rigueur dans la gestion municipale. Mais évidemment, tout le monde a le droit à l’erreur. Nous voulons des fonctionnaires qui donnent leur opinion professionnelle. Qui s’expriment. Qui interpellent les élus quand il y a des zones grises à clarifier. Qui innovent. Qui travaillent de pairs avec les citoyens et les élus pour faire avancer Gatineau. Qui nous aident à prendre des risques calculés, appuyés par des analyses complètes. Nous sommes ensembles dans ce grand projet et c’est ensemble que nous améliorerons nos façons de faire et que nous prendrons de meilleures décisions, dans le respect du rôle de chacun. Nous vous demandons de respecter notre rôle, mais je tiens à vous assurer que je continuerai d’intervenir personnellement si un élu ne respectait pas le vôtre.

 

Je tiens aussi à souligner à nouveau qu’il n’y a absolument aucun signe de malversation dans le dossier. Des gens ont fait des erreurs, mais ce sont des personnes honnêtes.

 

Madame Lajoie vient de vous parler d’un plan d’action pour amener un changement de culture au Service de l’urbanisme. Nous le déposerons avant la fin d’octobre. Il reprendra les objectifs déjà exprimés par le conseil et ajoutera les suivis relatifs au dossier Fraser. Nous ferons un bilan régulier de l’avancement des travaux 

 

Oui, nous devons redonner toute sa crédibilité à notre Service de l’urbanisme. Nous devons cela aux citoyens, aux gens d’affaires, mais aussi aux employés du Service. Si aujourd’hui nous brossons un tableau très critique de ce service, il n’en demeure pas moins que les gens qui y travaillent ont accompli de belles réalisations au cours des dernières années.  Je pense au Schéma d’aménagement, au Plan de déplacement durable, à la gestion quotidienne de centaines de dossiers dont nous sommes fiers. Nous miserons donc sur ce qu’il y a de positif pour améliorer ce qui doit être amélioré.

 

D’autres changements toucheront à l’ensemble de l’organisation. Conformément aux engagements que nous avons pris dans le programme du conseil, nous sommes à mettre en place un processus d’évaluation de la contribution des employés, qui commencera avec le personnel cadre dès janvier 2015 et qui s’étendra ensuite graduellement à tous les employés municipaux. 

 

L’évaluation est un élément important dans une organisation. C’est un autre moyen pour clarifier les attentes et pour donner à chacun des objectifs mesurables, dans un esprit de dialogue et de travail constructif et efficace.

 

Même si au départ, ce processus d’évaluation n’était pas relié directement au 79 Fraser et à l’enquête administrative, il était relié à la nécessité de rigueur exigée par le conseil dès son entrée en fonction, cette nécessité nous apparaît encore plus pertinente aujourd’hui. 

 

Aujourd’hui, nous prenons donc des mesures en deux temps :

 

-              Nous statuons sur les conséquences à donner pour la gestion du dossier du 79 Fraser (mesures en ressources humaines et accompagnement du Service).  

-              Nous annonçons un plan de changement de culture à l’urbanisme, plan dont les détails seront connus avant la fin octobre.

 

Ce sont des actions nécessaires qui reflètent bien la volonté du conseil de prendre des décisions quand elles s’imposent.

 

En conclusion, je veux réaffirmer ma confiance et celle du conseil envers l’ensemble de nos employés et je veux assurer la direction générale de mon appui indéfectible dans la mise en place des changements qui vous ont été annoncés.

 

Merci.

Les commentaires sont clos