Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Réction aux déclarations de Nathalie Lemieux

Liberté d’expression et rôle des élus

J’espère que les gens qui s’intéressent aux déclarations de madame Lemieux liront ce texte au complet. Les principes qui sont en jeu sont importants.

Madame Lemieux garde sa liberté d’expression, c’est clair, elle pourra toujours s’exprimer comme conseillère, mais elle ne pourra plus le faire au nom du conseil, ni au nom du maire. Elle ne peut pas parler au nom d’une ville qui veut rassembler les communautés quand, par ses propos, elle jette ces mêmes communautés les unes contre les autres en véhiculant des préjugés. Comme élus, nous avons accès aux médias, ce qui vient avec la lourde responsabilité de peser nos mots et d’être bien conscients de toute la portée qu’ils peuvent avoir.

À Gatineau, par les propos de madame Lemieux, des pères et des mères de familles ont été associés à des terroristes uniquement parce qu’ils sont musulmans. À Québec, 6 hommes ont été tués et 17 enfants fait orphelins uniquement parce qu’ils sont musulmans. Ce sont eux les victimes, des victimes innocentes des préjugés et de l’ignorance. Mon travail comme maire, et par extension le travail de la personne qui agit comme mairesse suppléante, c’est de m’assurer qu’on combatte ces préjugés afin que tout le monde arrive à faire la différence entre ceux qui prient (musulmans, juifs, chrétiens) et ceux qui tuent (terroristes). C’est ce genre de rapprochement, d’amalgame, de mélange des concepts qui lancent les communautés les unes contre les autres et que je ne peux pas tolérer de la part de gens qui me représentent ou qui représentent le conseil.

Oui, il y a des peurs légitimes qui viennent d’un certain terrorisme qui se réclame de l’islam. L’erreur est de ne pas être capable de faire de nuance et de mettre tout le monde dans le même bateau en parlant de «ces gens-là». Non, la liberté d’expression n’est pas un passe-droit pour attiser les peurs et répandre des préjugés car la liberté des uns se termine quand commence celle des autres.

À Gatineau, nous avons une longue tradition de respect les uns des autres. Je suis convaincu que nous pourrons trouver des façons d’exprimer nos différences d’opinion sans faire plus de tort que de bien.

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