Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Jour -24

Processus de transition, exemple #1. 

Il n’existe pas, à Gatineau, de processus formel de transition entre deux administrations. Peut-être parce que je suis le premier maire sortant à décider de ne pas se représenter... je suis donc le premier qui a le temps d’en mettre un en place. Voici le premier exemple de ce que mon équipe est en train de préparer. 

Hier c’était le dernier caucus des maires des grandes villes du Canada de la Fédération canadienne des municipalités (FCM). Nous étions présents en personne au Château Laurier. Nous avons rencontré notamment le premier ministre Trudeau. Il vient à chaque rencontre (nous représentons à peu près 80% de la population canadienne). Auparavant, c’était un employé politique du cabinet qui assistait le maire dans la préparation de ces rencontres. Lors d’une transition, le nouveau maire était donc laissé à lui-même pour construire une relation avec ses collègues et avec la FCM.  Il y a maintenant trois ans, nous avons créé le poste de responsable des relations intergouvernementales pour Gatineau. Cette personne, une fonctionnaire, monte les dossiers, donne des conseils stratégiques et elle a des homologues dans la plupart des grandes villes. Ce dernier élément fait que la complicité qui se créé entre les grandes villes devrait survivre en partie à une transition. De plus, à la prochaine rencontre, la personne qui me succédera aura en main un portrait des dossiers en cours, un portrait des gens autour de la table et un historique des prises de positions de Gatineau. C’est un bel outil pour que Gatineau continue à jouer un rôle significatif dans le monde municipal.

Capitale Plein Air - Balado

Il y a quelques semaines, j'ai participé au balado Capitale Plein Air - Balado, pour discuter des atouts formidables de Gatineau en plein air urbain et d'histoires de camping!

L'épisode est disponible sur leur page pour les intéressés.

Écouter le balada

 

Jour -30

Pendant près de 1000 jours, donc durant tous les jours ouvrables de mon premier mandat, j’ai publié un statut FB décrivant ma journée. Je tenterai de le faire à quelques reprises au cours des 30 derniers jours, en ayant en tête d’expliquer comment se prépare une transition politique et en illustrant un peu le travail d’un maire.

Aujourd’hui, voici une feuille que le maire doit signer après chaque conseil. Le maire peut, s’il juge qu’une décision du conseil porte atteinte aux intérêts de la ville, refuser d’endosser une résolution du conseil, ce qui oblige le conseil à voter à nouveau sur la résolution à la rencontre suivante. C’est ce qu’on appelle un véto « suspensif ». Il n’a été utilisé qu’une seule fois, je crois, dans l’histoire de la ville. C’était dans la saga Guertin... Mais ça, c’est une autre histoire.

Forêt Boucher

Il y a 10 ans, la forêt Boucher n’avait absolument aucune protection. 0%. Au fil des ans, des acquisitions et des changements réglementaires, nous avons réussi aujourd’hui à en protéger plus de 80%. 

L’inclusion dans la zone développable du terrain dont il est question aujourd’hui dans Le Droit est le fruit d’un compromis qui a eu lieu alors que j’étais conseiller. Le conseil avait jugé que le fait de développer ce secteur en périphérie de la forêt, une friche à moindre valeur écologique envahie par le nerprun, permettrait à terme de financer l’achat des secteurs ayant une grande valeur environnementale. Nous étions quelques-uns à militer pour une protection complète, mais c’est ce compromis qui a permis de convaincre une majorité du conseil de protéger par le zonage la plus grande partie de la forêt.  

Sous le leadership de Mme Marquis-Bissonnette, nous avons changé nos règlements d’urbanisme pour protéger 95% des milieux humides de Gatineau, dont tout ceux de la forêt Boucher; nous avons adopté un PIIA pour les projets d’envergure (auquel un développement sur ce terrain sera soumis) qui ajoute de nombreux critères environnementaux qui doivent être respectés; nous avons également augmenté la protection de notre couvert forestier. L’ensemble de ces mesures s’appliquent à la Forêt Boucher. En parlant de la réglementation municipale qui s’applique à cet endroit, la présidente de la Fondation forêt Boucher affirmer que « Si c’est respecté, ça (le développement) ne fera pas mal à la forêt. » 

De plus, nous avons investi 800 000$ dans un protocole avec la Fondation de la forêt Boucher pour préparer la protection, l’aménagement et la mise en valeur de l’endroit, un puissant argument pour en assurer la préservation. Il y a deux ans, le conseil municipal a même déjà déposé une offre d’achat, sans succès, pour le terrain dont il est question aujourd’hui.

J’espère que le prochain conseil poursuivra nos efforts afin de continuer à augmenter la protection du périmètre.

Amherst : oui au changement

La question de la toponymie, des statues et des hommages aux personnages du passé est complexe et mérite une réflexion nuancée.

Par exemple, quand Montréal a changé le nom de la rue Amherst, elle en a fait un bel exercice de réconciliation avec les Premières Nations, et ce, tout en effaçant une tache sur sa toponymie. Ce genre d’exercice a cours dans tous les pays du monde. Les Allemands, les Russes, les Français, les Américains et j’en passe ont tous adapté leur toponymie en fonction de leur nouvelle réalité. À titre d’exemple, au moment de la chute de l’URSS, l’Ukraine a changé le nom de 986 villages, 32 villes et 52 000 rues pour ne plus rendre hommage à ceux qui les avaient exploités, affamés, assimilés. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a fait de même avec les noms donnés par les Allemands. Pour l’anecdote, quand le général Leclerc est entré dans Strasbourg, c’est une des premières tâches auxquelles ses hommes se sont attelés.

Le patrimoine toponymique n’est pas immuable. La toponymie est toujours un hommage au moment où une décision est prise. Toujours. Toutefois, avec le temps, elle devient un rappel historique. C’est parfois à cette idée, de préserver le patrimoine toponymique, que certains s’accrochent pour ne pas en effacer les taches odieuses. Ils ont tort. Il faut d’abord reconnaître que les changements sont plutôt rares. Changer le nom d’Amherst n’affectera pas la présence de l’Empire britannique dans nos rues. Mais, fondamentalement, rendre hommage à des personnages odieux, c’est travestir la toponymie.

Amherst a été un des grands responsables de l’effondrement de l’Amérique française. Il a pris Louisbourg et refusé les honneurs de la guerre aux Français. Il a pris Montréal et encore refusé les honneurs de la guerre aux défenseurs. Par diverses vexations, il a tellement envenimé les relations avec les Autochtones qu’il a été l’une des sources du soulèvement de 1763, soulèvement où le grand chef Pontiac, fidèle allié des Français, a repris la lutte, malgré la chute de la Nouvelle-France. C’est au moment de cette rébellion, qu’il a lui-même contribué à provoquer, qu’Amherst a prouvé sa haine des Autochtones en proposant de leur distribuer des couvertures porteuses de la variole pour les exterminer. Rendre hommage à Amherst est absurde pour la nation québécoise et odieux pour les Premières Nations. Qu’il soit jugé avec les critères d’aujourd’hui ou avec ceux d’hier, Amherst reste un personnage qui n’est pas honorable.

Avec le temps donc, si la toponymie devient un rappel historique, certains rappels doivent être relégués aux musées, aux livres d’histoire, là où ils peuvent être expliqués et là où ils ne constituent plus un hommage. La ville de Moscou a trouvé un bon compromis pour « gérer » les statues de personnages odieux (ou moins pertinents) de l’URSSS, elle les a déplacées dans un seul parc, parc qui ressemble maintenant à un musée de l’histoire de l’art soviétique.

Pour celles et ceux qui voudraient lire un superbe texte sur la question, je vous invite à lire le discours du 19 mai 2017 du maire de La Nouvelle-Orléans, Mitch Landrieu (lien en commentaire). C’est un des grands discours contemporains de l’histoire politique américaine. Il traite du retrait de l’espace public des statues des généraux confédérés. Tous les principes qu’il défend sont les mêmes que ceux qui s’appliquent aux noms de rues. Est-ce que l’espace public est le bon endroit pour souligner la contribution de personnages historiques aujourd’hui méprisables? Peut-on réapprendre à vivre ensemble si on ne change pas certains symboles odieux de ce que nous avons été pour des symboles de ce que nous sommes maintenant ou de ce que nous voulons être dans l’avenir?

Je veux donc remercier le Comité de toponymie et sa présidente, Myriam Nadeau, pour cette démarche nécessaire et pertinente. Il n’y a pas de réécriture de l’histoire dans un changement de nom de rue, l’histoire ne change pas. Ce qui peut, et parfois doit changer, c’est la place que nous faisons à notre propre vision de certains moments de notre histoire dans notre paysage toponymique.

Participation à "Nos années 20"

J'étais de passage à la nouvelle émission de Patrick Lagacé Nos années 20 hier, en compagnie de la professeure Catherine Morency de Polytechnique Montréal, pour discuter d'étalement urbain, d'aménagement du territoire et de la place de la voiture dans nos villes.
Entrevue intégrale disponible sur le site web de Télé-Québec : https://bit.ly/3i2JcHn

Dernier match au Vieux-Bob

Victoire! Merci au Vieux Bob, merci aux jeunes Olympiques, on termine une époque glorieuse avec une belle victoire. Une autre page d’histoire est maintenant à écrire ! Olympiques de Gatineau à bientôt dans le nouvel amphithéâtre Centre Slush Puppie.

Le 11 septembre 2001, chez le premier ministre du Québec

Le 11 septembre 2001, chez le premier ministre du Québec. 

Le matin du 11 septembre 2001 j’étais chez Bernard Landry, à Verchères. J’étais en congé de paternité avec mon épouse et notre premier enfant, Marguerite. 

Ce matin-là, comme tous les jours, il faisait sa marche dans les rues du village, au pas militaire. Quand j’ai vu les images à la télévision, j’ai voulu l’en avertir. Il revenait déjà, alerté par ses gardes du corps. Il s’est installé près de la télévision, a baissé le son et a pris l’appel de Jean Saint-Gelais, alors secrétaire général du gouvernement du Québec, pour recevoir un état de situation. Il écoute d’abord, puis pose des questions. C’est l’homme d’État qui agit. Le Québec est-il menacé? La cellule de crise est-elle en fonction? Nos aéroports sont-ils disponibles pour accueillir les avions forcés d’atterrir ? Y-a-t-il de la place dans nos hôtels? Nous devons préparer une célébration oecuménique, à quelles communautés devrais-je parler directement? Et finalement, « Oui », dit-il, « je pars à l’instant ». 

Au moment de quitter la maison, il s’arrête devant moi. J’avais ma petite fille de cinq mois dans les bras. Il la regarde, lui donne un petit bec et lui dit « Tu vis des moments dramatiques et tu ne le sais même pas. Pour toi, l’important, c’est de jouer ». C’est ce qui m’a le plus marqué. Non pas l’événement dramatique, mais cette phrase. J’étais devant un homme d’État portant un poids immense sur ses épaules, au milieu d’une crise, à un moment où nous n’avions que peu d’information sur ce qui nous attendait… et, lui, à quoi pensait-il? Non pas à sa situation personnelle, mais à son devoir, celui de s’assurer que les petites filles puissent continuer à jouer, que les plus faibles d’entre nous soient protégés, que la nation qu’il aimait tant se porte au secours des autres. 

Oui, c’est dans les moments de crise que l’on reconnaît les grands hommes et les grandes femmes.

Oui à des règles communes pour faire face aux défis à venir

Si on veut se donner une chance de faire face aux défis du 21e siècle, notamment l'urgence climatique, il faut changer nos façons de faire en matière d'aménagement du territoire. On doit se donner une vision et des règles beaucoup plus strictes, pour l'ensemble du Québec. 

Voici la lettre ouverte que j'ai co-signé avec des mairesses et maires de partout au Québec sur le sujet aujourd'hui: https://bit.ly/3hjHQHV

 

 

Un dossier important pour toutes les grandes villes du Québec 👇

Aujourd'hui, les maires et mairesses des 5 plus grandes villes québécoises font front commun et demandent aux chefs des partis fédéraux d'adopter une position claire face à la multiplication des armes à feu au Québec et au Canada.

Les villes prennent leurs responsabilités et agissent concrètement. À Montréal, nous avons...

👉alloué au SPVM 42 effectifs supplémentaires pour combattre le crime organisé ;

👉créé une escouade spécialisée dans la lutte contre le trafic d'armes (ELTA) ;

👉financé des groupes communautaires à la hauteur de 5 millions pour faire de la prévention auprès de nos jeunes.

Cela mène à des perquisitions et à des arrestations, mais le fédéral doit absolument agir à la source, en interdisant les armes d'assaut ET de poing, et en allouant les ressources nécessaires aux services frontaliers.

Les positons actuelles des partis fédéraux ne sont pas suffisantes. C'est un enjeu pancanadien qui nécessite l'action concertée, certes des villes, mais également du gouvernement du Canada, seul palier pouvant agir aux frontières. 

Mes collègues et moi sommes déterminés à agir fermement en matière de sécurité publique, et nous invitons les chefs des partis fédéraux, à la veille de leur débat, à préciser leurs intentions sur cet enjeu.

En compagnie de Régis Labeaume, maire de Québec

Marc Demers, maire de Laval

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Sylvie Parent, mairesse de Longueuil