Maxime Pedneaud-Jobin

Maire de la Ville de Gatineau

Déclaration au sujet du dépôt du rapport d'enquête administrative dans le dossier du 79, rue Fraser

Voici le texte intégrale de la déclaration faite plus tôt aujourd'hui. Seul le texte lu fait foi. 

 

Mesdames et messieurs, bonjour

Commander une enquête administrative n’est pas une décision facile à prendre, encore moins demander l’accompagnement d’un service, c’est du jamais vu à Gatineau. À la lecture du rapport, il est évident que ces actions étaient nécessaires.

 

Je suis satisfait du sérieux avec lequel cette enquête a été effectuée par M. Tremblay, et aussi de la façon dont la direction générale a reçu et traité le rapport d’enquête en soumettant au conseil des recommandations qui vont bien au-delà de mesures disciplinaires nécessaires.

 

En effet, s’il est important de prendre des mesures par rapport à des gestes qui ont ou qui n’ont pas été posés, la priorité est de nous attaquer au problème de fond auquel nous sommes confrontés.  

 

En lisant le rapport d’enquête, on comprend notamment que les changements qui sont en cours depuis le 3 novembre dernier sont nécessaires et que les décisions administratives qui ont été prises à l’origine dans le dossier Fraser reposent sur d’anciennes pratiques et représentent ce qui doit changer dans notre ville. Si les citoyens de Gatineau ont fait le choix d’élire un nouveau maire et douze nouveaux conseillers municipaux, c’est parce qu’ils souhaitent des changements fondamentaux dans les façons de faire. 

 

Depuis novembre dernier, les élus se sont donné un programme commun, des orientations claires et ils ont maintes fois démontré leur désir d’assumer leur rôle de décideurs. D’ailleurs, une de leur première décision aura été d’embaucher une directrice générale dont une des tâches principales est de ramener encore plus de rigueur dans la gestion municipale.   

 

Le rapport souligne deux enjeux particuliers que je tiens à relever.

 

D’abord, le rapport confirme que les citoyens n’ont pas été respectés. Des citoyens se sont plaints et n’ont été ni pris au sérieux, ni parfois même écoutés.

Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement, respecter le citoyen ?

 

Cela veut dire d’abord l’écouter avec sérieux. C’est grâce à quatre citoyens et à un élu que l’erreur de Fraser a été découverte. 

 

Cela veut dire écouter le citoyen, mais également lui fournir une réponse… et pas 100 jours après sa demande. 

 

Est-ce que ça veut dire que chaque citoyen qui cogne à la porte de la ville doit être traité en roi et maître? Non. Cela veut dire qu’il doit être écouté et qu’on doit lui répondre. Si la réponse administrative ne lui convient pas, on doit lui expliquer ses recours, ils sont nombreux. Un de ses recours est politique.

 

C’est le deuxième enjeu. Le rapport confirme que les élus, les instances démocratiques en particulier, n’ont pas été respectés.

 

Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement, respecter les élus ?

 

D’abord les élus sont en droit de recevoir une information complète et de qualité, et le plus rapidement possible quant aux décisions administratives qui sont prises. 

 

De plus, on ne doit jamais présumer de leurs décisions. Les instances comme le CCU ou le conseil doivent pouvoir se prononcer en toute connaissance de cause quand il n’est pas trop tard pour agir. 

 

Mais le respect de l’élu par le fonctionnaire doit être réciproque.

 

Une façon de démontrer notre respect pour notre équipe administrative c’est de lui donner des orientations claires. C’est de préciser nos attentes. C’est ce que nous faisons depuis novembre. Pour un élu, démontrer du respect, c’est aussi, quand un citoyen fait appel à nous non pas de nous cacher derrière une décision administrative, non pas de nous cacher derrière nos fonctionnaires, mais de défendre la pertinence du règlement ou encore de proposer de le changer. Notre équipe administrative a longtemps été laissée à elle-même.

Depuis le 3 novembre dernier, nous avons des élus qui affirment leur volonté de jouer leur rôle, qui prennent leurs responsabilités. C’est ce que nous faisons encore aujourd’hui dans un dossier difficile.

 

Je tiens à souligner le rôle joué par l’ancien conseiller André Laframboise, qui avait pris la situation au sérieux dès le début et qui a fait les représentations nécessaires.

 

Permettez-moi de m'adresser directement à nos employés. Aujourd’hui, nous prenons des mesures rares. Elles s’inscrivent dans notre volonté d’amener encore plus de rigueur dans la gestion municipale. Mais évidemment, tout le monde a le droit à l’erreur. Nous voulons des fonctionnaires qui donnent leur opinion professionnelle. Qui s’expriment. Qui interpellent les élus quand il y a des zones grises à clarifier. Qui innovent. Qui travaillent de pairs avec les citoyens et les élus pour faire avancer Gatineau. Qui nous aident à prendre des risques calculés, appuyés par des analyses complètes. Nous sommes ensembles dans ce grand projet et c’est ensemble que nous améliorerons nos façons de faire et que nous prendrons de meilleures décisions, dans le respect du rôle de chacun. Nous vous demandons de respecter notre rôle, mais je tiens à vous assurer que je continuerai d’intervenir personnellement si un élu ne respectait pas le vôtre.

 

Je tiens aussi à souligner à nouveau qu’il n’y a absolument aucun signe de malversation dans le dossier. Des gens ont fait des erreurs, mais ce sont des personnes honnêtes.

 

Madame Lajoie vient de vous parler d’un plan d’action pour amener un changement de culture au Service de l’urbanisme. Nous le déposerons avant la fin d’octobre. Il reprendra les objectifs déjà exprimés par le conseil et ajoutera les suivis relatifs au dossier Fraser. Nous ferons un bilan régulier de l’avancement des travaux 

 

Oui, nous devons redonner toute sa crédibilité à notre Service de l’urbanisme. Nous devons cela aux citoyens, aux gens d’affaires, mais aussi aux employés du Service. Si aujourd’hui nous brossons un tableau très critique de ce service, il n’en demeure pas moins que les gens qui y travaillent ont accompli de belles réalisations au cours des dernières années.  Je pense au Schéma d’aménagement, au Plan de déplacement durable, à la gestion quotidienne de centaines de dossiers dont nous sommes fiers. Nous miserons donc sur ce qu’il y a de positif pour améliorer ce qui doit être amélioré.

 

D’autres changements toucheront à l’ensemble de l’organisation. Conformément aux engagements que nous avons pris dans le programme du conseil, nous sommes à mettre en place un processus d’évaluation de la contribution des employés, qui commencera avec le personnel cadre dès janvier 2015 et qui s’étendra ensuite graduellement à tous les employés municipaux. 

 

L’évaluation est un élément important dans une organisation. C’est un autre moyen pour clarifier les attentes et pour donner à chacun des objectifs mesurables, dans un esprit de dialogue et de travail constructif et efficace.

 

Même si au départ, ce processus d’évaluation n’était pas relié directement au 79 Fraser et à l’enquête administrative, il était relié à la nécessité de rigueur exigée par le conseil dès son entrée en fonction, cette nécessité nous apparaît encore plus pertinente aujourd’hui. 

 

Aujourd’hui, nous prenons donc des mesures en deux temps :

 

-              Nous statuons sur les conséquences à donner pour la gestion du dossier du 79 Fraser (mesures en ressources humaines et accompagnement du Service).  

-              Nous annonçons un plan de changement de culture à l’urbanisme, plan dont les détails seront connus avant la fin octobre.

 

Ce sont des actions nécessaires qui reflètent bien la volonté du conseil de prendre des décisions quand elles s’imposent.

 

En conclusion, je veux réaffirmer ma confiance et celle du conseil envers l’ensemble de nos employés et je veux assurer la direction générale de mon appui indéfectible dans la mise en place des changements qui vous ont été annoncés.

 

Merci.

Déclaration sur la lutte à la collusion

Voici la déclaration que j'ai faite ce matin à l'ouverture du comité plénier, en introduction à la présentation de nos services sur les moyens mis en place pour lutter contre la collusion. 

La version lue fait foi

Nous franchissons aujourd’hui une autre étape dans notre lutte à la collusion. Alors que certains ont cru  que Gatineau avait été épargnée par la collusion, le constat est aujourd’hui clair et net: la collusion a coûté cher à Gatineau. L’analyse qui vous sera présentée ici démontre, chiffres à l’appui, que l’absence de concurrence a permis aux firmes collusionnaires de s’enrichir de plusieurs millions de dollars aux dépens des contribuables gatinois. À cet égard, je renouvelle aujourd’hui l’engagement que j’ai pris à pareille date l’année dernière : les Gatinois peuvent compter sur la mairie et le conseil municipal pour tenter d’aller récupérer ces sommes.

Ici comme ailleurs au Québec, des entreprises malhonnêtes ont volé de l’argent public. En plus des mesures que nous prendrons pour récupérer l’argent des citoyens, nous examinerons aujourd’hui une série de recommandations pour pousser encore plus loin notre lutte à la collusion. De façon plus générale, nous allons continuer à être extrêmement vigilants dans la gestion des contrats publics. Il faut protéger les institutions publiques, redonner confiance aux citoyens dans les mécanismes en place pour nous assurer que chaque dollar perçu en taxe et impôt soit dépensé avec rigueur.  

Plusieurs mesures ont déjà été prises depuis un an : 

 

  • Renforcement de l’évaluation des offres de services professionnels par la mise en place d’une note quant à la qualité des services reçus, note qui permettra éventuellement d’écarter certains fournisseurs.
  • Dotation d’un poste de conseiller en chaîne d’approvisionnement pour renforcer notre expertise de l’analyse des marchés et pour la mise en place des stratégies adaptées
  • Mise sur pied d’un Bureau des grands projets: concentration et raffinement de notre expertise en matière de planification et de suivi des projets publics (réduire les avenants et dépassements de coûts)
  • Publication de l’ensemble des contrats donnés par la Ville en format données ouverte.
  • Amélioration des processus administratifs en matière d’appel d’offre, notamment l’instauration de comités de sélection responsables de l’analyse des dossiers pour éviter que les entrepreneurs sachent exactement qui analyse les soumissions.
  • Formation de l’UPAC pour le personnel affecté aux activités du processus d’approvisionnement, incluant les suivis de contrats (prévention, instrument de lutte à la collusion/corruption). 
  • L’adoption de stratégies pour favoriser l’ouverture des marchés, par exemple la fin des contrats publics de services professionnels à exercice exclusif, ou des stratégies particulières dans le cas du Centre Multi.

 

 De plus, le comité exécutif, qui est responsable de l’octroi des contrats, a adopté des pratiques rigoureuses dont un des objectifs est d’envoyer le message que la tolérance de Gatineau a ses limites quant à la qualité des services qu’elle reçoit et des prix qu’elle est prête à payer:

  • Nous continuons de rejeter des appels d’offres dont les prix sont trop élevés.
  • Nous restons intolérants face à certains fournisseurs incompétents. Pensons au dossier du marquage de rue ou encore à celui des estimations de la valeur des travaux ; la Ville a sévit et elle continuera à le faire.  
  • L’envoi de dossier à l’UPAC, sans aucune hésitation, pour des vérifications lorsque cela s’impose.

Évidemment, les nombreuses modifications législatives effectuées par le gouvernement du Québec nous ont également permis d’avoir davantage de moyens pour mettre en application les stratégies nécessaires pour déjouer la collusion et la corruption. L’obligation pour les fournisseurs de s’enregistrer auprès de l’Autorité des marchés financiers est au nombre des dispositions légales nous permettant comme élu de protéger l’intérêt public. L’immense majorité des entreprises sont honnêtes et c’est également pour les protéger que nous devons être intraitables avec celles qui ne jouent pas selon les règles. 

Des démarches politiques sont aussi en cours pour obtenir de Québec encore plus d’outils dans cette lutte que nous menons. Par exemple, nous attendons très bientôt un projet de loi qui devrait nous permettre d’avoir les moyens d’intenter les recours nécessaires pour recouvrer l’argent pris aux contribuables. Nous continuerons aussi à faire pression sur Québec pour la mise en place d’un Bureau d’évaluation des prix, une demande initiée par l’UMQ qui aiderait les municipalités à suivre l’évolution des marchés partout au Québec et ainsi s’assurer que nous payons un prix juste et raisonnable pour l’ensemble des biens et services que nous requérons.

Je terminerai en vous disant que le rapport d’analyse des services professionnels que nous recevons aujourd’hui n’est qu’une étape dans l’étude minutieuse de l’octroi des contrats publics. D’autres domaines de l’approvisionnement nécessiteront aussi des analyses approfondies. Nous allons continuer à prendre le temps de faire les analyses nécessaires pour nous assurer que chaque dollar d’argent public soit dépensé de façon honnête et utile.

 

Je cède maintenant la parole à nos équipes pour la présentation du rapport d’analyse et des recommandations pour poursuivre notre lutte.

Remise de l'Ordre de Gatineau - 28 mai 2014

C'était hier soir la remise de l'Ordre de Gatineau. Voici un extrait de mon discours ainsi qu'une photo avec les récipiendaires de cette année.

«Grâce à leurs actions, qui font rayonner Gatineau bien au-delà de ses frontières, les récipiendaires sont devenus des modèles d’excellence et une source d’inspiration pour toutes et tous.

Je félicite donc chaleureusement les deux récipiendaires de cette année soient :

 

 ·      Monsieur Germain Bisson,

·       Monsieur Gilles Provost.

M. Bisson, est, en quelque sorte, le monsieur Miyagi de l’Outaouais. Tous les passionnés de karaté connaissent ce personnage mythique du cinéma. Dans les films karaté Kid, ce vieil homme agit à la fois comme professeur de karaté et comme mentor qui aide son élève à faire face à la vie. Germain Bisson est beaucoup plus qu’un professeur de karaté. C’est un homme qui transforme les jeunes à qui il enseigne, oui, en vrais karatékas, mais surtout en jeunes hommes et jeunes femmes qui deviennent des meilleurs citoyens, plus solides, plus conscients du respect que les humains se doivent les uns aux autres, grâce à lui, ils sont mieux équipés pour faire face aux défis de la vie. Un ami me disait que quand un jeune de Masson-Angers ou de Buckingham, nous serre la main avec confiance, en nous regardant dans les yeux, les chances sont qu’il soit passé par Karaté Cama. C’est une école qui permet de construire un lien sain et respectueux avec l’autre.

Contrairement à monsieur Myagi qui n’a pas de famille, nous devons souligner ce soir l’engagement de madame Lyne Laroche, l’épouse de M. Bisson. Un projet mené avec autant de rigueur et de passion nécessite un engagement qui touche toute la famille. Instructrice et administratrice du dojo familial, madame Laroche, ainsi que les enfants du couple, sont aussi une des raisons de base du succès de Karaté Cama et de son sensei.

M. Bisson, son équipe et sa famille accordent une importance fondamentale à la pédagogie et au développement personnel de leurs élèves. Je le répète, ces jeunes développent un sens profond du respect et de la rigueur et, en ce sens, la contribution de monsieur Bisson dépasse largement le karaté et consolide toute notre communauté. Merci, M. Bisson.

 

M. Gilles Provost, a été un pionnier du monde du théâtre dans toute la francophonie. Acteur et metteur en scène prolifique, il a aussi été pendant des années le pilier du premier théâtre municipal au Québec. Depuis sa fondation, plus de 200 pièces et spectacles ont été créé au Théâtre de l’Île.  Au cours des années, des milliers de citoyens sont sortis du Théâtre, tantôt le cœur léger d’une soirée divertissante, tantôt l’esprit stimulé après une pièce dérangeante qui nous force à des remises en question. Le théâtre est un instrument puissant pour faire réfléchir, pour divertir, pour améliorer le monde et monsieur Provost a excellé à l’utiliser pour notre avancement collectif.   

Encore une fois, un engagement aussi profond et sur une aussi longue durée entraine dans l’aventure ceux qui nous accompagne dans la vie, ils ont donc le droit de partager un peu cette distinction honorifique. M. Claude Jutras, conjoint de M. Provost, a partagé chaque instant de l’extraordinaire carrière de ce dernier depuis plus de 35 ans. Homme aux talents variés, un indispensable du Théâtre de l’île, il a lui-même fabriqué certains des décors utilisés au Théâtre, mais on lui doit surtout le véritable travail de moine qui a été fait pour archiver des centaines de documents au fil des ans, dont beaucoup ont été déposés aux archives de la ville de Gatineau. Les archivistes de la ville ont même souligné la très grande qualité des documents remis, classés avec beaucoup de minutie et de professionnalisme. Monsieur Jutras aura lui aussi contribué à faire du Théâtre de l’île l’institution respectée qu’elle est aujourd’hui.

On dit qu’accéder à la culture c’est accéder au reste du monde parce que plus on se cultive, que ce soit par les livres ou par la musique, plus on est curieux de découvrir la culture des autres, la culture est une passerelle entre les peuples. Mais d’abord, accéder à la culture c’est aussi accéder à ce que nous sommes. Par son œuvre au théâtre, monsieur Provost a laissé sa marque dans l’esprit collectif, il aura contribué à construire l’Outaouais d’aujourd’hui, un Outaouais qui a une identité qui s’est raffermit et qui rayonne plus que jamais.

Il aura aussi permis à plusieurs générations d’acteurs amateurs de vivre des expériences qui les auront transformés autant professionnellement que personnellement.  

Monsieur Provost aura également laissé sa marque dans nos choix politiques. Si aujourd’hui nous travaillons à faire de l’axe Montcalm un pôle culturel qui fera vibrer Gatineau, et où l’on attirera d’autres lieux de création et de diffusion, c’est en grande partie grâce à son travail. J’ajouterais en terminant, que si Gatineau a gardé le cap sur la culture même dans les années ou, dans le monde municipal, ce n’était pas tout à fait une priorité, c’est en grande partie grâce à lui et nous lui en sommes profondément reconnaissants.

Merci, monsieur Provost.»


 

Lettre ouverte au Devoir - Une occasion historique à saisir

Voici le texte paru ce matin dans Le Devoir:

Une occasion historique à saisir

 

Il est rare pour un premier ministre d’avoir l’occasion de transformer profondément un domaine de l’activité humaine. Grâce au travail qu’a fait l’UMQ depuis quelques années, Philippe Couillard a cette chance avec le monde municipal. Il a l’occasion de, ni plus ni moins, refonder les municipalités du Québec et ainsi faire d’elles les moteurs de développement économique et social dont nous avons besoin.


Parce qu’elles ont une proximité unique avec le citoyen, les villes sont devenues un palier de gouvernement incontournable. En quelques décennies, les villes sont devenues le lieu de la création de la richesse, malheureusement aussi le lieu de la pauvreté, elles sont les principaux diffuseurs de culture, elles sont la source principale de l’offre en loisirs et en sport. Elles agissent en matière de développement économique, elles sont souvent les mieux placées pour influencer le développement social, notamment l’accueil des immigrants ou encore le vieillissement de la population. Elles sont idéalement des partenaires de tous les instants du monde de l’éducation, du CPE à l’université.


Les travaux récents de l’Union des municipalités du Québec lui ont permis de faire deux constats : il n’est plus pensable de camper les villes dans leur rôle traditionnel de services à la propriété ; conséquemment, le cadre légal et fiscal dans lequel elles évoluent freine leur développement et celui de tout le Québec. Dans toutes sortes de domaines, les villes sont plus que jamais les mieux placées pour agir, mais elles n’ont pas les outils pour le faire. Nous sommes devant des F1 du développement économique et social qui n’auraient pas de piste où s’exprimer.


À Gatineau, l’impôt foncier constitue 87 % des revenus municipaux. Cette taxe est à la fois insuffisante et inadéquate. Insuffisante parce qu’elle n’arrive plus à couvrir les besoins des villes, autant les besoins de rattrapage en infrastructure que l’amélioration des services à la personne (comme l’amélioration des bibliothèques et le soutien au développement économique), et inadéquate parce qu’elle a des effets pervers : étalement urbain, iniquité fiscale, recherche de la croissance à tout prix, etc. L’impasse fiscale municipale est profonde et nous empêche de préparer l’avenir.


Il n’est pas normal qu’une ville comme Gatineau, en 2014, doive faire approuver chacun de ses règlements d’emprunt par Québec,  doive soumettre jusqu’à des plans et devis de construction pour avoir accès à des subventions ou même ne puisse décider elle-même de mettre ses avis publics uniquement sur Internet. Les villes sont entrées dans la modernité, il est temps de redéfinir leurs rapports avec Québec. Le carcan dans lequel nous évoluons actuellement est d’une lourdeur administrative hallucinante et la tutelle objective qui nous est imposée est injustifiable en regard des responsabilités qui nous incombent. Nos conseils municipaux sont dûment élus, ils rendent des comptes, les grandes villes se rapportent à des vérificateurs généraux, sans parler des médias qui nous suivent de très près. Oui, comme les gouvernements de Québec et d’Ottawa, nous avons notre part de dérapages, mais les mécanismes de surveillance s’améliorent continuellement et il est temps de mettre fin à la tutelle effective qui nous empêche d’avancer.


Depuis quatre ans, l’Union des municipalités du Québec a fait un travail immense de réflexion sur l’avenir et les solutions pour relancer les villes sont maintenant connues. Nous savons que le rattrapage qu’elles doivent faire en matière d’infrastructures plombe leur finance et leur coupe les ailes. Nous savons que la relance des villes passe par une réforme de leur fiscalité. Nous savons que la relance des villes passe par l’adoption d’une Charte des municipalités qui leur permettrait d’agir librement dans leur domaine de compétence tout en exigeant qu’elles rendent des comptes. Ce n’est pas un hasard si le thème des assises est: « Maintenant! ». Fini les comités, il faut agir. Nous sommes à un moment charnière, un moment de l’histoire du monde municipal que le nouveau gouvernement a la possibilité de rendre historique.


M. Couillard sera à Gatineau vendredi. Durant la campagne électorale et au moment de son assermentation, il s’est avancé assez clairement dans le sens de ces réformes importantes. Les villes du Québec sont réunies sur la ligne de départ et elles n’attendent que le coup d’envoi pour travailler à ce chantier important. Le signal doit venir vendredi, c’est dans l’intérêt de tout le Québec.   


Maxime Pedneaud-Jobin
Maire de Gatineau
Depuis mercredi, Gatineau est l’hôte des assises de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Levée du drapeau arc-en-ciel - 16 mai 2014

Dans le cadre de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, en compagnie d'Erik Bisson, coordonnateur de Jeunesse Idem.  

Je trouvais important de prendre quelques minutes pour venir assister à la levée de drapeau. Il s’agit d’un geste symbolique qu’on pose par solidarité et pédagogie. Par solidarité envers toutes les personnes et communautés victimes d’homophobie ou transphobie partout dans le monde. Nous en avons eu des tristes exemples notamment en Russie dans les derniers mois… Mais il ne faut pas oublier que des tonnes de préjugés subsistent encore chez nous, au Québec, à Gatineau.

Et c’est pourquoi je considère que la levée du drapeau est aussi un geste de pédagogie : il faut rappeler que les communautés LGBT vivent des défis immenses au quotidiens, chez nous comme ailleurs. J’ai rencontré un groupe de jeunes de Jeunesse Idem pour parler avec eux le mois dernier, et je lève mon chapeau à tous ces jeunes qui font preuve de courage et de détermination à chaque jour. C’est inspirant.

C’est un sujet doit nous toucher tous, et si Gatineau peut contribuer par un geste symbolique c’est la moindre des choses. Même si l’effet est de provoquer le débat et sensibiliser un peu plus, on aura attend objectif : une société plus juste et égalitaire.

Déclaration à propos du projet du Centre multifonctionnel

Vous trouverez ici le texte de la déclaration faite au comité plénier du 13 mai 2014.

 

La semaine dernière, nous avons procédé à l’analyse des soumissions reçues dans le dossier de la construction du centre multifonctionnel.

 

Nos constats sont les suivants :

 

Notre processus d’appel d’offres a été fait dans les formes. Les prix des divers aspects du projet ont été établis par des professionnels embauchés par la ville. Ils ont procédé aux estimés en utilisant plusieurs méthodes distinctes dont les résultats se recoupent tous. Le travail de ces mêmes professionnels a été vérifié par la firme Hanscomb, une firme qui se spécialise dans ce type de contre-vérification. Dans les derniers jours, les professionnels ont tenté de comprendre les écarts de prix entre nos estimés et les soumissions reçues. Nous restons convaincus que nos estimés sont fiables, l’écart entre les soumissions reçus et nos estimés nous indique clairement que le prix qui nous est demandé n’est pas juste et raisonnable. Cette analyse à elle seule justifie que le contrat ne soit pas octroyé et c’est la décision que le conseil a pris ce matin. 

On se rappellera que le coût total du projet de centre multifonctionnel est estimé à 63,5 millions de dollars pour la démolition de l’aréna existant, la construction du nouvel édifice et l’achat d’équipements scénographiques. Les professionnels engagés ont évalué les coûts de construction à 50,6 millions de dollars. Le 1er mai dernier, le plus bas soumissionnaire a présenté une offre totalisant 65 394 907 $ pour la construction uniquement, une offre de 15 millions de dollars supérieure aux estimés.

 

Pour nous l’écart de 15 millions n’est pas acceptable, nous sommes plusieurs à penser que nous ne devons pas payer plus que le montant prévu, soit 63,5 millions pour le projet global, et si il y a des dépassements on devra faire des choix à l’intérieur de ce montant. Nous tiendrons ces réflexions en temps et lieu.

 

Par ailleurs, depuis l’ouverture des soumissions, nous avons colligé un certain nombre d’éléments et d’irrégularités qui semblent avoir nui à la saine concurrence et qui remettraient donc en question l’intégrité financière de ce projet public. Les détails sont importants ici, et je tiens à être précis : il s’agit d’un ensemble d’informations, et non uniquement l’information contenue dans les soumissions.

 

Devant ces éléments, la direction générale adjointe responsable du dossier et la direction générale de la Ville, en collaboration avec le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) et avec mon appui, ont transmis le dossier à l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Ce dépôt a eu lieu le jeudi 8 mai dernier.

 

Encore une fois, je veux être certain d’être bien clair : nous ne ciblons personne, nous constatons des choses que nous devons signaler, c’est tout. Je précise que nous ne ciblons personne puisqu’il s’agit d’un dossier complexe dans lequel sont impliqués des entrepreneurs généraux, il y aussi un grand nombre de sous-contractants. Nous ne portons aucun jugement sur le rôle des uns ou des autres dans les irrégularités, tout ça appartient à l’UPAC. La suite des choses leur appartient et c’est leur rôle de porter des jugements dans ce dossier.

 

Évidemment, à partir de ce moment, les propos que nous pourrons tenir sur le dossier lui-même sont limités.

 

Nous pouvons toutefois affirmer ceci.

 

La Ville de Gatineau a mis de l’avant plusieurs mesures pour éviter la collusion et pour assurer une saine gestion des fonds publics. Nous nous sommes donné pour règle d’agir avec rigueur et de ne rien laisser passer. Cette volonté a été réitérée lors de l’adoption du programme du conseil. Nous avons d’ailleurs déjà lancé une enquête qui nous amènera à revoir tous les contrats octroyés de 2008 à 2013 en matière de « contrôle de matériaux » sur les chantiers.

 

Nous souhaitons bien sûr que les projets planifiés par la Ville se réalisent, mais cela doit se faire dans le respect des contribuables gatinois. Nous nous sommes donné comme rôle de protéger les contribuables et c’est ce que nous allons faire. Nous serons intraitables quant à l’intégrité exigée, autant de la part des entreprises privées avec lesquelles nous traitons directement ou indirectement, que de la part de notre personnel. Dès que nous aurons des doutes quant à l’intégrité des projets, nous les référerons aux autorités compétentes en la matière, c’est notre devoir d’agir ainsi. C’est à la fois une question d’intégrité professionnelle, d’intégrité personnelle et de responsabilité face aux contribuables.

 

Toutes les questions qui porteront sur le processus d’enquête qui s’amorce seront référées à l’UPAC.

 

En ce qui concerne les étapes à venir, je vous dirais que la dernière semaine a été consacrée à documenter la décision prise aujourd‘hui  de ne pas octroyer le contrat ainsi qu’à la transmission des informations à l’UPAC. Dans les semaines qui viennent je proposerai un plan d’action à l’exécutif, puis au conseil, sur la suite des choses. Diverses pistes d’action sont déjà à l’étude et seront déposées le plus rapidement possible. Nous savons tous que le dossier traîne depuis longtemps et nous voulons le faire avancer, mais étant donné les rebondissements qui s’accumulent depuis quelques années je pense qu’il faut procéder avec rigueur.

 

Je conclurais en disant que le geste que nous avons posé jeudi en déposant un dossier à l’UPAC, c’est un geste que nous ne posons pas de gaieté de cœur. Mais l’attitude que nous avons vu de la part de nos professionnels, c’est exactement ce à quoi nous nous attendons. Dès que nous remarquons des éléments qui soulèvent des questionnements, ce n’est pas notre travail de poser un jugement. Nous avons plutôt le devoir de transmettre les faits aux autorités concernées, c’est ce que nos équipes ont fait et c’est ce que nous attendons dans l’ensemble des dossiers. Je veux les remercier pour leur rigueur et leur intégrité.

Merci.

 

Gala des distinctions de l'UQO - 1er mai 2014

J'étais présent hier soir au Gala des distinctions de l'UQO, en tant que maire bien sûr, mais aussi en tant que fier diplômé. J'ai notamment abordé la question de l'importance cruciale de l'UQO - et de tous les acteurs de l'enseignement supérieur - dans le développement de notre ville et notre région. Devenir une ville universitaire, une ville du savoir, c'est beaucoup plus qu'une question de partenariat: c'est une question d'identité. Ce changement de vision s'incarne par exemple dans la façon de gérer nos développements, la ville doit par exemple être consciente que ses infrastructures (routes, transport en commun, etc.) jouent un rôle énorme dans le développement de nos institutions d'enseignement supérieur. Une relation à consolider!

 

Discours au lancement du service de prêt de livre numérique - 23 avril 2014

 Bonjour,

 

En cette journée mondiale du livre et du droit d’auteur, je suis très heureux de vous annoncer que le prêt de livres numériques est maintenant offert à la bibliothèque municipale de Gatineau.

La Ville de Gatineau a signé un contrat de licence avec le consortium bibliopresto.ca pour l’acquisition livres numériques. L’approvisionnement se fait via la plateforme pretnumérique.ca, qui permet le prêt de livres numériques en bibliothèque de façon sécurisée. Il s’agit d’une plateforme web utilisée par toutes les bibliothèques publiques au Québec qui offrent le prêt numérique.

 

Nous avons fait une période de rodage en rendant disponibles des livres numériques aux abonnés de la bibliothèque. Seulement durant cette période, c’est déjà 4400 prêts de livres numériques qui ont été effectués et il y a eu 12 250 visites sur le site.


Le rodage est maintenant terminé, et nous sommes prêts à lancer officiellement le service et à le promouvoir ! Très attendu, le service de prêt numérique vient ainsi répondre à la demande croissante des usagers de la bibliothèque.

 

L’arrivée du numérique est une offre complémentaire à ce qui se fait déjà dans nos bibliothèques, l’objectif étant de maximiser les portes d’entrées. Il faut rappeler que les bibliothèques sont le service municipal le plus utilisé à Gatineau ! Nous devons absolument continuer à l’enrichir et le bonifier comme nous le faisons aujourd’hui.

Une dizaine d’enfants qui assistent en groupe et en personne à «L’heure du conte» vivent une expérience bien différente que s’ils étaient tous chacun chez eux devant leur tablette. C’est la même chose pour toutes les conférences, projections, expositions, cours ou rencontres qui animent nos bibliothèques à l’année. 

L’ajout du service numérique est tout à fait cohérent avec des investissements dans notre réseau de bibliothèques et vise à offrir un service complet qui répond à des besoins différents. C’est une évolution naturelle de l’offre de service qui s’adapte et se modernise pour continuer à jouer ce rôle important dans la ville.

 

Si certains prédisent la mort des bibliothèques traditionnelles avec l’arrivée du numérique, ils se trompent. Les bibliothèques sont des lieux essentiels dans nos communautés si on veut favoriser l’accès libre et gratuit à la culture, ce qui est une source de richesse et de bonheur. Il s’agit d’ailleurs d’un des rares lieux où les familles peuvent encore bénéficier de services et d’activités gratuites, variées et stimulantes. Pour une ville comme Gatineau, c’est d’une importance capitale pour la qualité de vie… et pour l’économie. Les villes qui réussissent sont des villes qui donnent  une grande place à la culture, notamment parce qu’elle est source d’innovation. Pour innover, il fait « penser autrement » et l’on y arrive uniquement en s’inspirant de ce qui se dit, s’écrit, se pense ailleurs que dans notre propre tête. La culture attire et forme des employés de haut niveau, une ressource précieuse elle aussi.  


Nous avons à Gatineau un réseau de bibliothèques apprécié et fréquenté. Nous allons continuer à l’améliorer avec des initiatives comme celle d’aujourd’hui.

 

Finalement, l’annonce d’aujourd’hui s’inscrit dans une suite logique avec la présence accrue de la Ville sur les médias sociaux, l’optimisation du nouveau site Web et la création d’un portail de données ouvertes. Gatineau se positionne de plus en plus comme ville branchée! Et c’est une grande fierté, car toutes ces actions améliorent la qualité des services offerts à nos citoyens en répondant à leurs attentes et en les rendant encore plus accessibles.  

 

Bonne lecture à tous et bonne fin de journée.

Discours de la soirée d'assermentation du conseil du 12 novembre 2013

 

Bonsoir,

La cérémonie de ce soir est importante à la fois pour Gatineau et pour nous tous personnellement. D'une part, Gatineau se donne un nouveau gouvernement et, d'autre part, nous entrons tous dans une nouvelle phase de notre vie personnelle, une phase qui, j'en suis convaincu, sera passionnante. Peu d’emploi donne à celle ou celui qui l’occupe autant de capacité d’influencer le quotidien des gens que le poste de conseiller municipal. C’est un privilège que les citoyens nous confèrent et nous devrons leur faire honneur.   

Je tiens à saluer encore une fois mon prédécesseur, monsieur Marc Bureau qui a servi sa ville avec engagement et sincérité. Je le remercie également pour la qualité de la transition qu’il a assurée dans les derniers jours. Une transition est toujours un moment difficile et il l’a traversé avec beaucoup d’élégance.

À la fin de cette cérémonie, 19 personnes auront été confirmées dans leur poste de dirigeants de la quatrième grande ville du Québec.

Les fonctions que nous occuperons sont donc importantes pour la population gatinoise, mais elles le sont également en dehors de nos frontières. Une ville comme la nôtre peut avoir une influence positive sur les destinées de l’Outaouais et du Québec, il suffit qu'elle y prenne sa place. J'ai bien l'intention de contribuer à ce qu’elle le fasse.   

Notre conseil est plus représentatif que l'ancien de la réalité gatinoise.  Le nombre de femmes au conseil augmente légèrement, passant de 5 à 6. S'il faut se réjouir de ce pas en avant, il faut surtout reconnaître qu'il en reste plusieurs à faire pour avoir un conseil équilibré.

Je dois aussi souligner l'arrivée au conseil du plus jeune élu de toutes les grandes villes du Québec. L'arrivée de monsieur Tessier est d'autant plus marquante qu'il est issu de la Commission jeunesse de la ville de Gatineau, une commission dont l'objectif est notamment de stimuler la participation des jeunes à la vie politique.

Son arrivée confirme que l'ancienne ville de Hull, puis celle de Gatineau, ont eu raison d'investir dans la jeunesse non seulement dans des services destinés aux jeunes, mais également dans une instance politique où ils peuvent s’exprimer. 

It is also important to mention the arrival in Council of a member of the English speaking community. The presence of Mr. Duggan will make our Council even more representative of Gatineau.

Nous sommes un certain nombre au conseil à avoir de jeunes enfants. Nous devrons tenir compte de cette réalité dans nos façons de faire, là aussi, la vie politique doit s'adapter au désir des nouveaux politiciens de mener une vie plus équilibrée entre la famille et le travail.

La diversité d'un conseil n'est pas importante uniquement du point de vue de la stricte représentativité politique, mais aussi pour la capacité qu'elle nous donne collectivement de poser des regards différents sur les mêmes enjeux et ainsi prendre de meilleures décisions. 

Vous le savez, la politique est un engagement qu'on ne prend jamais seul.

Il y a parmi nos invités des gens qui ont donné de leur temps pour contribuer à l'élection des uns et des autres. Je tiens à les remercier de leur engagement. L'engagement politique peut améliorer le monde. Merci à tous ceux et toutes celles qui y croient et qui s'y investissent.     

Parmi nos invités, il y a aussi des membres de nos familles. Vous voilà donc tous entraînés en politique. D'abord, parce que notre travail se passe en public, mais également parce que la famille offre un refuge, un havre de paix qui est essentiel quand on occupe un poste aussi difficile que celui de politicien. Je tiens donc à remercier à l'avance les familles des élus, pour leur contribution à la collectivité gatinoise.

Je vais faire tout ce que je peux pour que l'aventure politique de ceux que vous accompagnez aujourd'hui ne vous impose pas trop de sacrifices.

Je prends cet engagement également devant ma famille. J’adore mon travail, mais je vous aime encore plus. Ça va bien se passer.

Notre conseil marque un changement important dans la vie politique gatinoise, notamment par l'arrivée en poste de conseillers et d'un maire issus d'un parti politique. Nous serons sous surveillance non seulement par les médias, mais également par les citoyens qui ont contribué à notre programme et nous ont mandaté pour le porter. Les élus issus d'Action Gatineau devront démontrer qu'ils peuvent travailler avec des élus qui ne partagent pas toutes leurs idées. Les élus indépendants devront démontrer qu'ils peuvent contribuer à faire avancer un programme grande ville qui a été endossé par la majorité des électeurs.

Après vous avoir tous rencontrés individuellement, je peux affirmer que les Gatinois n'ont pas à s'inquiéter, l'esprit de collaboration est bien présent et, même si nous savons déjà qu'il y aura de bons débats, nous savons également que la volonté de travailler dans le respect est partagée par tous. La première preuve de ce respect sera notre capacité à faire des compromis.

Permettez-moi de citer l'introduction que John Kennedy a écrite pour son livre Profiles in Courage. Il y aborde la nécessité de faire des compromis, mais pas n'importe lesquels.

 

We shall need compromises in the days ahead, to be sure. But these will be, or should be, compromises of issues, not of principles. We can compromise our political positions, but not ourselves. We can resolve the clash of interests without conceding our ideals.


Kennedy nous invite à avoir le courage d’accepter des compromis sur des enjeux, tout en gardant vivants nos principes, nos valeurs, nos idéaux.

Ces réflexions devront nous inspirer tout au long du chemin que nous ferons ensemble.

J'ai demandé à un de nos poètes, monsieur Guy Jean, de nous réciter une de ses œuvres qui m'a beaucoup marqué. C'est un des plus beaux textes jamais écrits sur notre région, un texte qui n'occulte pas les défis que nous avons dû surmonter tout en mettant en valeur notre extraordinaire richesse.

Chers collègues, je vous invite à garder ce texte près de vous durant tout le prochain mandat pour qu'il nous aide à nous rappeler toute la grandeur de la mission qui nous est conférée : faire progresser encore plus une ville et une région uniques au monde par leur histoire et leur beauté. Je suis certain que cette beauté nous incitera à garder en tête l’intérêt général.       

Gatineau est une ville dynamique dans les sports, dans les loisirs, dans la culture, elle a un potentiel économique énorme, elle est verte, elle est belle. Nous allons lui donner, ensemble, un élan politique dont nos citoyens seront fiers.

Je porte ce soir une cravate (une fois n’est pas coutume), mais ce n'est pas une cravate ordinaire. Elle a appartenue à un ami de ma famille, un ami qui nous a quittés trop tôt. Il s'appelait Philippe Kanonko. Ancien ambassadeur du Burundi au Canada, il représente pour moi la quintessence de l'homme d'État.

Un homme capable, dans les environnements les plus difficiles, de s'élever au-dessus de ses intérêts personnels, au-dessus des intérêts de sa communauté d'appartenance, au-dessus de la facilité pour prendre des décisions dans l'intérêt général. Philippe sera toujours avec moi. Merci à son épouse, Carine, et à son fils, d'être avec nous ce soir.

Dans le monde d'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup d'emplois plus difficiles que celui de politicien. Nos erreurs font la une des journaux, nos bons coups passent trop souvent sous silence. Nous devons régler tous les problèmes de nos quartiers et de notre ville, sans trop dépenser. Nous devons prendre des décisions, innover, avoir du courage, sans bousculer les gens. Le défi est immense et tous ceux et toutes celles qui ont le courage de tenter de le relever méritent notre respect.

Au nom de tous les Gatinois, je suis fier de remercier chacun des nouveaux élus, chacune des nouvelles élues de son engagement.

J’entrevois avec enthousiasme l’aventure qui nous attend.

 

DIscours du 27 février 2014 à la cérémonie d'ouverture du 35e Salon de livre de l'Outaouais

 

 

Un salon du livre est toujours une fête. Nous y célébrons la lecture, les artisans du livre et tout ce qu’un livre peut nous donner comme bonheur. Nous fêtons les auteurs surtout, sans qui rien de tout ça ne serait possible. Ce sont eux qui nous font rêver, qui nous font réfléchir, qui nous bousculent, qui nous gardent en haleine, qui nous provoquent, qui nous transportent dans de fabuleux voyages, sur des îles inconnues, lointaines ou toutes proches. Si chaque livre est un pont tendu entre nous et la connaissance, entre nous et le monde, chaque auteur est un passeur de culture et un bâtisseur d’identité. Il faut donc les célébrer.

 

 

Le destin des personnes ressemblant parfois à celui des régions, pour aller vers l’autre il faut d’abord exister. C’est donc Gatineau et tout l’Outaouais qui profitent du talent de nos écrivains.

 

Grâce à eux, nous bâtissons notre identité collective sur des assises solides, des assises qui nous sont propres, c’est à dire sur un imaginaire nourri par le territoire que nous habitons.

 

 

Le ministre Kotto, lui-même acteur et auteur, a été à même de constater que Gatineau est une véritable ville de culture, lors de son passage au colloque du réseau Les Arts et la Ville, en mai dernier. Gatineau prend sa place au Québec et nous en sommes fiers.

 

 

Cet après-midi il a même parlé de nous comme d’une région exemplaire. Ca n’a pas toujours été le cas, j’espère que le salon sera un occasion de plus de lever notre chapeau en l’honneur de tous ceux et toutes celles qui ont bâti l’Outaouais culturel.

 

 

M. Kotto, je me ferai un plaisir de vous offrir une visite de nos installations culturelles de premier ordre, que ce soit nos salles de spectacle, notre théâtre municipal, le seul du genre au Québec, et notre centre de production théâtrale, nos centres d’exposition et nos dix bibliothèques municipales.

 

 

À ces infrastructures s’ajoute l’appui financier et technique de Gatineau à des dizaines d’organismes artistiques. Gatineau s’est aussi doté d’une politique culturelle, qui intègre les diverses communautés qui la composent, et d’une politique du patrimoine qui veillera à mettre en valeur le riche héritage sur lequel est construite notre ville.

 

Pour son dynamisme et pour son apport à l’identité québécoise, Gatineau mérite d’être reconnue et soutenue par le gouvernement du Québec. Des gestes importants ont déjà été posés cet après-midi, notamment le financement d’une importante entente culturelle rassemblant des partenaires de tout l’Outaouais. Nous vous en remercions. Nous compterons certainement sur votre appui pour le redéploiement de notre réseau de bibliothèques.

 

 

Un salon du livre démocratise l’accès à la lecture et à la culture tout en nous permettant de nommer qui nous sommes. C’est aussi un pas vers le reste du monde, ce pas dont je vous parlais tout à l’heure. Parce que la culture est l’affaire de tous. Au quotidien, parfois même sans nous en rendre compte, nous sommes sollicités par les œuvres créées par les écrivains, les musiciens, les artistes visuels.

 

Chacune de ses œuvres que nous avons aimées, qui nous a provoqués, nous transforme et marque un jalon dans notre parcours. Si la portée de ces œuvres ne fait pas toujours de nous des hommes meilleurs, elle a le pouvoir de le faire, elle nous façonne et nous influence plus que nous le pensons.

 

 

En ce sens, lire et écrire sont des actes  émminament politiques car ils portent en eux une vision du monde, un projet humain. 

 

 Le Salon du livre de l’Outaouais figure au rang des trois plus grands Salons. C’est aussi, paraît-il, le préféré des auteurs. Il est à dimension humaine et il favorise les rencontres. Il est à proximité du cœur ludique du centre-ville et de ses bistros et restaurants. Il s’inscrit dans la durée et est désormais un pilier de notre paysage culturel. Depuis 35 ans, c’est un rendez-vous annuel incontournable.

 

 

L’année dernière, ce sont 37 000 personnes qui ont franchi ses portes.

 

 

Pour moi, chaque dollar public consenti à cette grande fête est un investissement rentable. C’est pourquoi je suis fier que la Ville de Gatineau appuie la tenue d’un événement d’une telle envergure. À notre contribution financière et en services, j’aimerais ajouter ici mon indéfectible soutien à tout le moins pour les quatre années à venir.

 


J’en profite pour féliciter les organisateurs du Salon, Anne-Marie Trudel en tête, de leur remarquable engagement qui se traduit chaque fois par un retentissant succès.

 

 J’adresse aussi mes plus chaleureux remerciements aux dizaines de bénévoles qui offrent temps et énergie pour rendre la chose possible.

 

 

Si vous croyez que vous travaillez dans un salon du livre vous vous trompez. Vous contribuez à bâtir un monde meilleur. J’en veux pour preuve cette citation de Victor Hugo (Les Châtiments):

 

 L’art, c’est la pensée humaine

Qui va brisant toute chaîne!

L’art, c’est le doux conquérant!

À lui le Rhin et le Tibre!

Peuple esclave, il te fait libre;

Peuple libre, il te fait grand!

 

 

Grandissons ensemble. Bon Salon!